LETTERS OF PROTEST
In English
Monsieur le Prsident de la Rpublique
Palais de l’Elyse
55 rue du Faubourg Saint Honor
75008 Paris
Los Angeles, le 16 mai 2001
Monsieur le Prsident,
La proposition de loi « About-Picard » devrait bientt tre soumise votre signature. Elle a dj t adopte par le Snat et sera de nouveau prsente l’Assemble Nationale dans les jours venir. Je vous cris afin de vous avertir de la nature anticonstitutionnelle de ce projet de loi qui viole galement les traits internationaux sur les droits de l’homme signs et ratifis par la France.
Vous allez sans nul doute entendre toute une propagande sur la « ncessit » d’une telle loi. Mais en vrit, elle est aussi ncessaire que la rvocation de l’Edit de Nantes l’tait en 1685. Cette loi, qui punissait les « hrtiques » pour leurs croyances, a entran le massacre sanglant de milliers de protestants.
De mme, le projet de loi About-Picard donnerait au gouvernement le pouvoir de punir quelqu’un pour ses ides. Et je ne suis pas la seule le dire : l’organisation catholique « Aide l’Eglise en Dtresse », une association caritative internationale, a accus le gouvernement franais de violer la libert de conscience et de dclencher une « inquisition laque et rationaliste ».
Cette lgitimation de la chasse aux sorcires a t condamne dans le monde entier par des personnalits religieuses et des organisations des droits de l’homme. La rputation internationale de la France en tant que dmocratie en a souffert. Le Conseil de l’Europe a mme t jusqu’ nommer un rapporteur afin d’ouvrir une enqute sur ce projet de loi et sur des cas de discrimination religieuse en France.
Je vous cris afin de vous demander d’user de votre prrogative pour ajourner le vote de l’Assemble Nationale jusqu’ ce que des esprits moins chauffs puissent se faire entendre. Si vous le dsirez, je peux vous faire parvenir de plus amples renseignements ainsi que des analyses lgales de cette proposition de loi effectues par des experts et dcrivant comment elle viole les instruments internationaux sur les droits de l’homme.
Veuillez recevoir, Monsieur le Prsident, l’expression de ma plus haute considration.
Leisa Goodman
Directrice du bureau des Droits de l’homme
