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L’homme se tenait debout derrière le microphone, toisant le public venu l’écouter parler d’une menace contre la sécurité nationale, la plus importante qu’on ait jamais pu imaginer. « J’ai dans ma main [...] une liste de noms de communistes qui travaillent et rédigent les règlements du Département d’Etat (américain). »
Ce discours fut caractéristique d’une époque dont certains Français se souviennent encore, époque qui s’est ouverte dans le soupçon, a évolué dans l’hystérie et s’est achevée dans la honte.
L’orateur était le sénateur Joseph McCarthy ; la scène se passait en février 1950, à Wheeling, Virginie de l’Ouest, Etats-Unis. « Le péril rouge » et la série de purges destinées à chasser les communistes de la vie publique et privée américaine seraient plus tard baptisés d’après leur instigateur : le maccarthysme.
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Le mot est aujourd’hui synonyme [...] d’accusations sans fondement, de campagnes de diffamation au cours desquelles les déclarations d’innocence deviennent des aveux de culpabilité.
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Le mot est aujourd’hui synonyme d’intolérance et d’inquisition, d’accusations sans fondement, de campagnes de diffamation au cours desquelles les déclarations d’innocence deviennent des aveux de culpabilité et les droits civils sont piétinés par la rumeur et les soupçons.
L’actuelle hystérie antisecte a des relents de maccarthysme et, comme l’original, intoxique toute une nation, semant sur son passage son lot de vies détruites, de carrières ruinées et donnant aux politiciens extrémistes une énième plate-forme de sape des structures démocratiques.
McCarthy a détruit toute opposition en accusant ceux qui le critiquaient d’être communistes, subversifs, ou d’être infiltrés ; il a montré du doigt des figures nationales en vue, parmi lesquelles le secrétaire d’État Dean Acheson et George Marshall, général de l’armée de terre et prix Nobel de la paix en 1953, ainsi que plusieurs sénateurs.
En août 1951, quand William Benton demanda au Sénat de former un comité pour décider de l’expulsion de J. McCarthy, aucun de ses collègues ne se leva pour le soutenir. J. McCarthy ne tarda pas à qualifier le sénateur Benton de « héros des communistes et d’escroc qui entre et sort du gouvernement. »
L’Histoire nous enseigne-t-elle quelque chose ? Il se pourrait que la réponse ne soit pas toujours « oui ».
Toute critique des mesures « antisecte » est aujourd’hui foulée aux pieds selon la même tactique que celle de J. McCarthy, en plus perfectionnée. Le titre d’ Actualités des religions (mai 2001) est évocateur : « Les députés ont eu peur de passer pour “prosectes”. » L’article décrit le mutisme des rares députés présents à l’Assemblée nationale le 30 mai 2001 au moment du vote de la loi « pour renforcer la prévention et la répression des groupes sectaires » -- la loi « antisecte » About-Picard, du nom de ses créateurs, la députée Catherine Picard et le sénateur Nicolas About.
Au moment de la discussion du projet de loi About-Picard au Sénat, un sénateur a brièvement fait état de « pressions » exercées sur les assistants parlementaires, leur déconseillant « d’entrer dans la discussion » avec les représentants des groupes concernés. « Permettez-moi de vous dire que c’est absolument scandaleux ! », a-t-il déclaré.
La « peur des sectes » crée en France le même effet que le « péril rouge » aux États-Unis.
L’hystérie est produite et entretenue, entre autres, par Alain Vivien, qui fut nommé en 1998 président de la « Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes (M.I.L.S.) ». A. Vivien entretient depuis des années un courant de propagande pour inciter à la discrimination et à la persécution d’individus, sur la seule base de leurs croyances religieuses.
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